Mardi 28 juillet 2026, au Musée national de Yaoundé. Le Directeur Général de l’OAPI M. Denis BOHOUSSOU, a pris part au panel de haut niveau de la 9e édition du Salon International de l’Artisanat du Cameroun (SIARC), aux côtés du ministre ivoirien du commerce, de l’industrie et de l’artisanat – Président en exercice du Conseil d’Administration (PCA) de l’OAPI, M. Ibrahim KALIL KONATE, du Secrétaire Général du ministère du Tourisme et de l’Artisanat de l’Algérie, M. Abdarazak BAHBOU – Représentant son ministre, ainsi que d’autres acteurs engagés.
Ce salon est une initiative du ministère des Petites Moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (MIMPMEESA), dont le ministre de tutelle M. Achille BASSILEKIN III, assurait la modération de ce segment inaugural consacré au thème : « Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale ? ». Le SIARC constitue à la fois une plateforme de découverte des richesses artisanales et culturelles, des patrimoines nationaux et de promotion du savoir-faire local mais aussi un espace d’échanges et de réflexions entre acteurs sur les défis liés au développement de ce secteur. La Côte d’Ivoire et l’Algérie, les deux pays invités d’honneur de cette édition, y ont fièrement partagés leurs expériences et illustré l’apport considérable de la filière à leur économie nationale.
Des mécanismes régionaux et internationaux mis à disposition pour favoriser le rayonnement du secteur
Face aux mutations technologiques et aux défis de compétitivité de l’heure, le Directeur Général a apporté des éclairages sur les solutions juridiques et économiques proposées par l’OAPI pour permettre aux artisans non seulement de protéger leurs innovations au sein de son espace régional, mais également d’étendre cette protection à l’international offrant ainsi une meilleure sécurisation sur les marchés d’exportations.
Il a par ailleurs rappelé que l’artisanat constitue un important vivier d’innovation, dont les créations méritent une protection adaptée à la hauteur de leur valeur économique et culturel. Par conséquent, l’Organisation met à la disposition des artisans plusieurs instruments de propriété industrielle (PI), en fonction de la nature de leurs créations. Dès lors, des créations à caractère esthétique peuvent bénéficier d’une protection par dessins et modèles industriels (DMI), tandis que les innovations à vocation utilitaire peuvent être protégées par le modèle d’utilité. Lorsque celles-ci révèlent un aspect technique ou technologique, elles peuvent faire l’objet d’une protection par brevet. Les artisans ont également la possibilité de créer des synergies qui leur permettraient d’enregistrer leurs œuvres en marque collective afin de renforcer l’identification et la valorisation de leurs produits sur le marché.
Des dispositifs d’appui essentiels à la créativité et à la croissance
Au-delà de la protection juridique, l’OAPI met en œuvre plusieurs mesures d’accompagnement financier et technique pouvant aider à moderniser les outils de production et investir en recherche et développement pour favoriser l’innovation artisanale. À ce titre, il a relevé les incitations financières accordées aux déposants afin de leur faciliter l’accès aux outils de PI notamment les frais de dépôt d’un modèle d’utilité ramenés à 20 000 Francs CFA, contre 105 000 CFA en tarif normal. S’agissant de l’enregistrement d’un brevet dont les coûts s’élèvent à 1.000.000 de FCFA, ceux-ci sont réduits à 22.500 FCFA et l’OAPI prend en charge 80 % des frais d’annuités au cours des cinq premières années suivant la délivrance du brevet, contribuant ainsi à alléger les coûts de maintien en vigueur des titres.
Sur le pan technique et technologique, des bases de données spécialisées et des ressources d’informations sont accessibles au sein des centres de documentation en propriété intellectuelle (CDPI) déjà présents dans quinze (15) États membres. Ces ressources permettent aux acteurs de la filière et autres créateurs, d’effectuer des recherches, de s’informer sur l’état de la technique et de s’inspirer des technologies existantes pour développer de nouvelles solutions.
Cette participation du Directeur Général au SIARC 2026, illustre davantage l’engagement de l’OAPI à faire de la Propriété Intellectuelle un levier stratégique de valorisation du savoir-faire artisanal local et de promotion d’un secteur plus compétitif, créateur de valeur et de développement.











